Carmine
par Flora Bajard
Carmine fabrique ses tableaux par les voyages transatlantiques. Si l’on peut les voir aujourd’hui, c’est grâce aux allers-retours du corps et de l’esprit qu’elle réalise depuis une vingtaine d’années entre la Colombie, où elle est née, et Paris, où elle réside et travaille. Son travail résulte aussi d’un voyage en aller simple : c’est celui qu’elle réserve aux images latino-américaines, glanées dans la forêt – la selva - et sur ses terres d’origine. Car ce sont la plupart de temps celles-ci qui reviennent se poser et s’exposer sur ses toiles, plus que n’y viendrait s’y déposer la vie parisienne. Ce sont là les éléments visibles de ses tableaux. Puisque les humains sont tissés de lieux multiples et de temporalités enchevêtrées, il n’y a pas qu’un « ici » et un « là-bas » dans le travail de Carmine. Il y a des chez-soi pluriels, travaillés par le manque et les attachements polymorphes.

